Introduction : Définition et importance historique
La question de la perte des terres agricoles autour de Bamako illustre l’accélération de la transition urbaine au Sahel, où le foncier rural fond sous la pression démographique et l’expansion de la ville. Historiquement, Bamako était entourée de zones maraîchères, pourvoyeuses de nourriture pour la capitale. En quelques décennies, la montée du béton, des infrastructures, des activités minières et l’installation massive ont dévoré de larges pans de surface agricole, mettant en péril l’autonomie alimentaire urbaine et le patrimoine paysan.
Focus sur...
PRUBA : Le Projet de Résilience Urbaine de Bamako apporte solutions concrètes : réhabilitation du réseau de drainage, création d’espaces verts, renforcement de la gestion des déchets, appui aux maraîchers et inclusion sociale.
Pratiques traditionnelles et itinéraires régionaux
À l’origine, les villages ceinturant Bamako développaient une polyculture vivrière : mil, sorgho, maïs, niébé, accompagnés de petits élevages traditionnels, puis le maraîchage en saison sèche (tomate, oignon, salade), souvent au bord du fleuve et des cours d’eau.
Le travail se faisait en famille, avec entraide dans les champs, transmission orale des savoirs, et gestion coutumière de la terre.
Au fil des ans, l’arrivée des transporteurs, commerçants et nouveaux urbains a transformé l’échelle du système – apparition de coopératives urbaines, diversité des marchés et circuits courts, intensification du maraîchage et de l’élevage urbain avec, parfois, des systèmes innovants (culture en bacs, goutte-à-goutte, fertilisation compost).
Le saviez-vous ?
Près de 88 083 ménages touchés par la perte de terres agricoles en zone périurbaine malienne en 2024
Défis climatiques, sécuritaires et sociaux actuels
L’année 2024 a été marquée par des inondations sans précédent, balayant plus de 367 000 hectares cultivés au Mali, dont une partie significative à Bamako.
Près de 101 160 exploitants agricoles ont été affectés, avec 647 529 tonnes de production perdue.
Le bilan humain et social est lourd : maisons effondrées, greniers détruits, cheptels décimés et déplacements forcés de 354 739 personnes dans tout le Sahel malien.
L’insécurité urbaine, la rareté de la pluie, la compétition avec les activités minières et l’essor du bâti ont provoqué une réduction drastique des surfaces agricoles disponibles.
Malgré tout, des projets innovants de résilience urbaine émergent : PRUBA met l’accent sur le drainage, la gestion des déchets et la réhabilitation d’espaces verts, tout en offrant un appui aux circuits agroalimentaires urbains.
Conclusion
L’histoire récente de Bamako rappelle que la terre nourricière, bien que menacée par l’urbanisation, peut devenir le socle de la résilience collective si elle est mise en valeur par l’agriculture urbaine et défendue par ses communautés.
Malgré des pertes foncières importantes et les coups durs du climat, les initiatives paysannes, féminines et coopératives montrent que l’autonomie alimentaire urbaine reste possible.
Le succès de la transition dépendra de la capacité des acteurs locaux, décideurs et partenaires à reconnaître et soutenir ce potentiel, pour qu’agriculture et ville cohabitent durablement, au service de la souveraineté alimentaire et du bien-être de tou·te·s
Focus sur...
Agropoles périurbains : Les agropoles annoncés pour la décennie 2024-2033 devraient valoriser les terres périurbaines et renforcer la sécurité alimentaire.
🎧 Podcast de la semaine
Face à la perte dramatique des terres agricoles à Bamako en 2024-2025, l’agriculture urbaine inventive et solidaire apparaît comme le pivot de la résilience alimentaire et sociale, malgré des défis persistants de foncier, d’eau et de sécurité.
Vos questions les plus importantes
1. Pourquoi la perte des terres agricoles s’accélère-t-elle à Bamako ?
À cause de l’urbanisation rapide, des inondations, de l’empiétement des activités minières et du morcellement foncier.
2. Quels types de cultures pratiquent les maraîchers urbains ?
Principalement des légumes (tomate, aubergine, oignon), parfois du maïs et du mil dans les interstices urbains.
3. Quels risques pour l’agriculture urbaine ?
Manque de terre sécurisée, accès difficile à l’eau, pollution, insécurité et précarité des statuts fonciers.
4. Y-a-t-il des perspectives positives ?
Oui, des projets d’agropoles, de résilience, d’insertion sociale et de valorisation de l’agroécologie sont en cours.
5. Qui sont les acteurs-clé de l’adaptation urbaine ?
Les coopératives de quartier, les femmes maraîchères, les ONG, les jeunes entrepreneurs agricoles et les autorités locales.
Ressources web enrichies :
1. Inondations au Mali : les sinistrés retrouvent l’espoir (Banque mondiale)
Détail des pertes agricoles à Bamako suite aux inondations 2024, impact sur les ménages et stratégies de survie.https://www.banquemondiale.org/fr/news/feature/2025/03/18/afw-flood-victims-in-mali-regain-hope
2. Mali : entre avancées et obstacles dans le secteur agricole (APAnews)
Analyse des défis fonciers, climatiques et sécuritaires pour les agriculteurs urbains et périurbains de Bamako en 2024-2025.https://fr.apanews.net/news/mali-entre-avancees-et-obstacles-dans-le-secteur-agricole/
3. PRUBA – Projet de Résilience Urbaine de Bamako
Présentation des solutions de résilience, gestion foncière et appui aux femmes maraîchères dans les quartiers urbains vulnérables.https://prubamali.org/
4. Campagne agricole 2024-2025 : la rareté des pluies et l’insécurité préoccupent des paysans (Studio Tamani)
Témoignages de maraîchers urbains et ruraux touchés par le changement climatique et la réorganisation foncière.https://www.studiotamani.org/166739-campagne-agricole-2024-2025-la-raret%C3%A9-des-pluies-et-linsecurite-preoccupent-des-paysans
5. Projet de restauration des Terres Dégradées (PRTD-Mali)
Synthèse des approches d’agroécologie et de restauration des terres dans le district urbain de Bamako.https://prtd-mali.org/
joel SIMONNET
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